LE CONCILE DE FER

» Posted on 18 octobre 2013 in Romans

China Miéville – 2004- (Fleuve Noir) – Prix Arthur C. Clarke (2005)

De bruit et de fureur !

De fer ? De sang, de glaise, de poussière, de charbon et de larmes ! Et aussi de gaz, de chair, et de magie, de boue et de sueur… China Miéville prend les matières, les tord, les travaille et les  recrée  en tout  sens.  Ainsi les pages de son roman, dantesques, remodèlent-elles l’imagination. Jusqu’à plus soif !

C’est mon premier China Miéville. Je crois que j’ai commencé par le dernier tome d’une trilogie, mais je crois aussi que ça n’a pas l’air trop grave. Je ne savais rien de cet auteur anglais, ni du personnage, ni de son oeuvre (oui, j’avais bien repéré qu’elle collectionnait les grands prix sf). Or, c’est mon premier Miéville et… je m’en retrouve les joues cuisantes. Si, par son ampleur, son écriture et les tribulations de ses héros, « Les hordes du Contrevent » m’avaient décoiffé, l’ampleur, l’écriture et les tribulations du « Concile de fer », eux, m’ont rendu chauve !

A travers un continent halluciné

Où l’on suit les traces d’une ligne mythique de chemin de fer, accouchée  dans le sang et les entrailles de travailleurs opprimés par des entrepreneurs comme on les aime bien à l’UMP. Où, le long de ces voies sauvages et dans les bas-fonds d’une capitale, on suit aussi les traces de trois personnages, chacun engagé dans sa propre quête intérieure, qu’elle soit politique,  amoureuse ou mystique.

Ainsi, à travers les destins d’Ori le militant, Faucheur l’amoureux et Judas le créateur de golem, Miéville embarque le lecteur dans une odyssée fantastique à tous les sens du terme. Une échappée hallucinée à travers un continent aux paysages et aux peuples étranges ;  là, sur ces terres où les réalités mêmes se distordent, Miéville met en scène quelques courses-poursuites d’anthologie, avec explorations de terres inconnues, combats titanesques et rencontres horrifico-poético étonnantes. C’est un monde où l’on saigne rouge, noir, violet ou bleu en fonction du gaz, du poison ou de la magie qui vous a frappé !

Récit d’aventure ? Pas seulement.

En parallèle de ce voyage sans limite, celui du train perpétuel et de ses échappés, le récit plonge donc le lecteur dans les basfonds d’une cité géante crasseuse, sublime, dont les quartiers ouvriers, les ghettos xénians, les cafés des rues bohèmes, les squats de militants plus ou moins modérés et les parcs des arrondissements riches ressemblent fort à nos villes occidentales de ces deux derniers siècles.

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2 Comments

  1. Moi j’ai trouve son roman jeunesse  » sympa mais sans plus

  2. Dans ce cas il faut lire les scarifies, qui est la aussi un grand roman…

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