LE CONCILE DE FER

» Posted on 18 octobre 2013 in Romans

Où l’on plonge, enfin, au coeur d’une insurrection populaire et c’est bien là le coeur de cette histoire.

Insurrection, répression… fiction ?

Entre science-fiction, fantasy et fantastique, entre XIXè siècle façon conquête de l’Ouest, Miéville s’aventure aussi du côté du XIXè siècle… façon les Misérables ou Quatre-Vingt Treize. Fort de son propre engagement politique, l’auteur y décrit une révolution, dans le détail, à travers sa galerie de personnages aux gueules « hugoliennes » : un clochard, des militants modérés et des militants pas modérés du tout.

Hugo ? Oui, mais un Hugo sous acides ! Car, ici dans ce monde dantesque, les chairs se retravaillent autant que les esprit ou les matières premières. Ici, on Recrée les gens pour les punir (la mort, c’est trop gentil, alors on vous refabrique de l’humain, en usine, au gré des caprices des geoliers. Avec des tentacules ou des bras de bébé sur la tête oui oui). Ici, magie et  science se conjuguent, pour le plus grand bonheur des forces du maintien de l’ordre (cela dit ça donne aussi de jolis métiers comme géopathe ou météoromancien)…

Au début, cette virée au sein de la populace d’une grande cité imaginaire m’a évoqué celles de Vance  (avec le Tschaï ou sa Planète géante). Et, avec les descriptions de cette capitale démentielle, Nouvelle Crobuzon, j’ai bien pensé à Silverberg et sa Pidruid, la grande ville de Majipoor dans les aventures de Lord Valentin. Mais… Vance et Silverberg étaient bien trop gentils !

Les mêmes puissants, les mêmes pauvres…

Passé une centaine de pages, il m’a bien fallu admettre que Miéville allait beaucoup beaucoup plus loin dans les descriptions et la psychologie des habitants, les sensations qu’ils expérimentent et les odeurs, et les goûts et les souffrances qu’il leur fait vivre… Là où Vance et Silverberg se contentaient de planter un décor. Miéville, lui, le fait vivre. La belle idée de Miéville, celle qui donne toute sa saveur à son récit, c’est d’avoir donné à Nouvelle-Crobuzon et à ses habitants, une atmosphère très « Paris 1871″. La Commune.
(disgression politique) Toute sa saveur, et donc, toute sa force ! Les pages de Miéville font écho à notre propre actualité (et c’est terrible !).  Des puissants et riches qui se battent contre l’idée même d’un monde plus égalitaire, usant de toutes leurs ressources  (qu’ils ont puissantes) pour  maintenir la tête de leurs esclaves dans la fange, l’idée n’est pas bien neuve
! Il suffit juste d’ouvrir un journal, à n’importe quel jour de l’année ; de la Tunisie à la Lybie, en passant par  la Chine ou la Grêce, jusqu’aux rues françaises qui se remplissent (plus gentiment certes), de profs, de retraités, de chômeurs, de juges et d’avocat, de salariés, de diplomates, de journalistes ou d’étudiants… le mécontentement populaire, son indignation et ses explosions de colère sont toujours d’actualité, et vraisemblablement de plus en plus solidement ancrés, par l’indécence des groupes financiers et l’injustice mise en loi par ceux qui mettent en place ces mêmes groupes. (fin de la disgression politique !)

Tags: , , ,

Articles relatifs

Pages: 1 2 3 4

2 Comments

  1. Moi j’ai trouve son roman jeunesse  » sympa mais sans plus

  2. Dans ce cas il faut lire les scarifies, qui est la aussi un grand roman…

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>