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LE CONCILE DE FER

» Posted on 18 octobre 2013 in Romans

Oui il y a du Victor Hugo dans « ce concile de fer » ! L’oppression et l’exploitation des classes ouvrières, les rassemblements secrets et les feuilles de choux militantes qu’on s’échange sous le manteau, ces comités d’entraide, ces gueules cassées par la Milice du Maire et les contraintes économiques. A cette poudrière, Miéville rajoute sa propre culture : celle des émeutes raciales, et des ratonnades à  « l’anglaise », (Brixton dans les années 80 ou Oldham en 2001), tolérées par le pouvoir, alimentées par les gros bras d’une organisation très Front National (ici ce sont les Nouvelles Plumes reconnaissables à leur chapeau melon… Un clin d’oeil aux racailles d’Orange Mécanique ?)

A cette poudrière monstrueuse (qui va sauter, ah ah !) Miéville rajoute en plus  une guerre hors norme contre un autre continent hors norme et ses habitants encore plus étranges que ceux de Nouvelle-Crobuzon et…

Non, décidément, « Le concile de fer » ne se raconte pas.

Profusion de tout = roman épuisant.

Récit d’aventure et de guerre (les combats, ici, vous l’imaginez sont absolument démentiels et mettent en jeu des forces thaumaturgiques, scientifiques et guerrières  totalement hors d’atteinte du cerveau d’un scénariste moyen hollywoodien), récit d’exploration, et aussi récit initiatique… récit de pure folie, sans limite ! Par vagues successives, narration, descriptions et action soulèvent, comme des lames de fond ; dans le métro (oui c’est souvent là que je lis), je me suis retrouvé avec des frissons d’ahurissement, voire les larmes aux yeux, d’excitation.

Et lorsque je finissais par me dire « non, décidément, voilà qui est trop, il va trop loin, cela finit par être gratuit, esbaudir pour esbaudir vraiment ? Je décroche, ça suffit maintenant, hop un peu de raison et de calme dans tout ça, du sobre, du sobre…!  » paf, voilà qu’à nouveau je me retrouvais envolé, explosé, déchiqueté… enflammé littéralement par l’odyssée du train perpétuel et de Nouvelle Crobuzon. Miéville et son vocabulaire, Miéville et la densité de son écriture (qui rappellerait par certains côtés la profusion de l’écriture des américains du sud comme Del Paso ou Garcia Marquez) : en une phrase, une créature naît, vit et meurt (dans d’atroces souffrances, souvent) ! Avec lui, l’action va vite. Très vite.

Miéville profuse donc dans tous les sens et c’est épuisant !

Par le passé, il m’est arrivé de lire d’un coup toute l’oeuvre d’un auteur, lorsqu’il m’avait chaviré. James Ellroy, Dan Simmons me vidaient émotionnellement et culturellement parlant (tout ce que je lisais en dehors d’eux me paraissait d’un fade, mais d’un fade !!), chacun de leur bouquin m’épuisait, j’étais cuit mais j’en redemandais.

Aujourd’hui, du China Miéville, je n’en redemande pas… tout de suite. Ai-je vieilli, ou est-ce le Concile qui est tout simplement… trop ?

Trop tôt pour le dire. Mais il est vrai que j’ai envie de mettre quelques nouvelles et romans, plus calmes, plus sereines entre « le concile de fer » et mon prochain Miéville.

Une dernière chose : j’ai lu Le Concile de Fer, pendant que l’Egypte et la Tunisie se révoltaient contre leurs dirigeants ! Pendant que Alliot-Marie, Sarkozy et Fillon tentaient de se dépêtrer d’affaires les liant à ces dictatures tout en jurant leurs grands dieux qu’ils font le maximum pour aider les couches les plus défavorisées de leur population. Et je suis en train d’écrire ces lignes pendant qu’en Libye… l’un des fils Khadafi menace sa population de torrents de sang. Et je découvre aussi les portraits des fils de ce porc. Qui peut dire aujourd’hui, que Miéville va trop loin ?


Ce que vous expérimenterez le long des voies du train perpétuel

– La matraque du milicien, le poing du Plumard et l’étreinte du Cactacée.

– La zone cacotopique et ses effets « étonnants », pour le moins cancéreux, sur la matière vivante, ou non.

– Un casque, qui permet de replier le temps, et l’espace.

– Des révélations sur le monde par Qu’rabin un moine qui se dissout doucement, au rythme de ce qu’il révèle.

– L’immonde magie des survivants d’un commando de thaumaturges miliciens revenus  de l’Enfer.

– La fumepierre et ses effets sur le corps humain lorsqu’il est pris dedans.

– Une Fileuse et ce qu’elle pense, la créature-araigne géante.

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2 Comments

  1. Moi j’ai trouve son roman jeunesse  » sympa mais sans plus

  2. Dans ce cas il faut lire les scarifies, qui est la aussi un grand roman…

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